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Traceability

Jean-Michel HÉNIQUEZ

 

« Traceability », 2014

 

TIMELINE, votre dernière exposition évoquait, dans sa partie finale, l’émergence d’un monde nouveau… Quel lien entre Timeline et le travail que vous menez actuellement ?

Les deux sont traversées par le thème de l’identité et de la représentation.
Dans cette exposition : « Traceability », c’est notre identité numérique qui a été l’élément déclencheur mais les recherches que j’ai menées à ce sujet m’ont fait entrevoir des dimensions qui ont vite dépassé mon souci initial.


Que voulez-vous dire ?

Les tendances actuelles des technologies numériques convergent vers l’établissement de modèles à partir de données accumulées par des logiciels et/ou des capteurs. Ces modélisations gagnent tous les domaines de notre environnement et intéressent donc aussi l’individu. Il s’opère alors une expansion de celui-ci hors des limites de son propre corps matériel dans un champ plus vaste, celui des réseaux.

Il peut s’agir de sa trace au long de ses déplacements, de mesures aux fins de diagnostics, de prédictions de prédispositions ou de comportements par croisements statistiques. L’individu est là et ailleurs. Sa position réelle est souvent confondue avec celle donnée par les coordonnées GPS de son téléphone cellulaire. Ses souvenirs, ses écrits sont dans des « nuages ». Sa mort physique n’entraîne plus obligatoirement celle de ses avatars virtuels…

 

En quoi ce que vous évoquez a-t-il dépassé votre « souci initial » ?

Cet ailleurs de soi est impalpable, comme absent, mais terriblement efficace. Les données accumulées sur un individu renseignent sur ses goûts au travers de ses habitudes de visions, d’achats, de lecture… Un profilage numérique s’établit peu à peu. Chacun le pressent sur le plan marketing mais les révélations sur les techniques de la National Security Agency (USA) ont permis de constater son étendue et ses conséquences.

 

Pouvez-vous nous commenter la forme actuelle que vous avez donnée à ce travail ?
En réalité, la forme est multiple. Ici, à l’Espace Camille Claudel, il s’agit d’un travail de monstration de liens. On peut parler de dessin. Parallèlement, à Beauquesne (80), une installation plus vaste porte sur les « Smart Borders » – les frontières intelligentes – qui utilisent ce profilage pour donner ou non l’autorisation de pénétrer ou de résider dans un territoire.

Ce que je présente ici n’est pas, je pense, la forme définitive. Je souhaitais retrouver l’esprit initial des « Invitations d’Artistes » en montrant un « work in progress », un travail en cours.

 

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