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The Loss of Light

JEAN-MICHEL HÉNIQUEZ, THE LOSS OF LIGHT,
video (3min22s), installation : tissus, verres, liquide, lumière noire, dimensions variables, 2011                        

Le spectateur pénétrera dans une grande salle sombre, près du ciel…

Au centre un écran de télévision posé comme un tableau. Il s’anime. Les premières images parlent du déclin de la lumière. Elles disent que l’histoire de la peinture est aussi celle de la perte de la lumière – « the loss of light ». Puis on remonte le temps, celui de la peinture fait d’alternances de lumières, de paysages, de scintillements, d’abstraction, de blanc. On pense à Malevitch. Enfin arrive l’origine, celle des pigments purs ici Isatis Tinctoria.  Du jaune, du vert qui peu à peu virent au bleu comme un tissu plongé dans la teinture. Le bleu d’un tableau de Rothko, le peintre qui, sans doute, s’est le plus approché de l’émergence de la lumière sur une toile. Mais Rothko lui-même n’affirmait-il pas que la couleur dans la peinture n’était qu’un médium pour parler à l’homme des sentiments humains fondamentaux : la tragédie, l’extase, le destin funeste… et qu’une surface de couleur était douée d’une force spirituelle. Alors les images glissent vers une matière qui devient lumière, des gouttes tombent dans un liquide pour donner des formes de lumière. Fascination des dernières images où la matière devient lumière et la lumière devient matière par l’apparition du contour d’un verre qui s’estompe et disparaît.

Monde virtuel duquel l’image du verre sera extraite pour la projeter dans le monde réel. L’intention est de ré-imaginer la relation écran-spectateur, de se libérer des limites de l’écran en déconnectant l’image projetée de la surface de projection physique pour la remodeler dans l’espace.

Cet espace sera celui d’une sculpture-installation. Des rideaux blancs latéraux délimitent un passage. Des verres emplis d’un liquide sont alignés car il y a une beauté spécifique à la monotonie mathématique rigoureuse. Ils sculptent la lumière. Au fond, un mur. Dans ce mur, un peu décentrée, une porte. Vers quoi mène-t-elle ? Le spectateur s’approche de la lumière sans pouvoir y pénétrer. C’est une architecture de lumière pure, tout le temps créée. Le monde tel qu’il est, peut-être, de l’intérieur d’une peinture. Paysage lumineux abstrait, œuvre silencieuse. Installation qui semble en même temps « seule » mais qui semble aussi « attendre le spectateur ». Lui est invité à la méditation. Il ne saura pas ce qui va se passer après…

Yves Klein, 1954
« Je crois que dans l’avenir les gens se mettront à peindre des tableaux d’une seule couleur et sans rien d’autre que de la couleur ».
Ici, sans rien d’autre que de la lumière…

 

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