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La Villette Paris

Installation « Alors m’apparut le Pavillon d’Or » PROPOSÉE À lA MANIFESTATION « L’ART AUX SERVICES DES TECHNOSCIENCES » ESPACE PROJET / PAVILLON TUSQUETS / LA VILLETTE PARIS

CONCEPT
Parcours interactif dans un espace réel condensant les nœuds pulsionnels du roman de Y. Mishima : « Le Pavillon d’Or ». Il y est question de l’incendie criminel qui, en juillet 1950, anéantit l’un des plus célèbres trésors japonais, le Pavillon d’Or du temple Rokuonji, à Kyôto.

PARCOURS
(Un parfum de thé, de sous-bois et de brûlé est diffusé).
Un spectateur entre dans une salle d’environ dix mètres sur quinze. Elle est couverte au sol de gazon déroulé.

Face à lui, au centre de la pièce, un Grand Hologramme du Pavillon d’Or de couleur ocre. Hologramme par réflexion éclairé de l’avant. Derrière, au sol, un miroir (2 m  x 2,5 m), peut-être brisé, entouré de sable lissé au râteau (0.5 m – 0.7 m).

L’ensemble de la pièce est sombre, d’aspect plutôt froid avec ce vert… Seul l’hologramme évoque déjà la chaleur. Dans l’ombre, cinq moulages partiels de corps de femme, cinq fragments sont soit suspendus soit couchés sur le sol (sable aussi à ces endroits).
Les supports en seraient des bois ronds ou bambous partiellement brûlés.
Sur sa droite, il découvre, sur une table basse japonaise, un ordinateur portable noir, ouvert et en fonctionnement. Juste à côté, sous un verre, une miniature du Pavillon.

La pièce n’a qu’une entrée qui est aussi la sortie.
On y séjourne. Plutôt seul ou mieux à deux.
Sur l’écran, un texte – extrait du Pavillon d’Or. Ce texte est en fait un hypertexte. On peut y cliquer. L’ensemble de l’information est situé là, quelque part, au hasard des choix. Les situations lues sont les situations vues, visibles ou pouvant le devenir.

Un autre spectateur entre. Il s’avance légèrement. Un palpeur (poids ou cellule) coupe le faisceau de lumière permettant de voir le Grand Hologramme. Le Pavillon disparaît. Le miroir semble alors un lac au milieu du jardin. Cinq pierres dorées auront peut-être été placées là (jardin zen).

Il s’avance en le contournant.
Déclenchés par l’extinction de l’Hologramme, très localisés, les craquements d’un feu, émis après enregistrement holophonique, se font alors très nets. Il les perçoit comme s’ils venaient d’un espace précis, là juste au-dessus du miroir.
Plus haut, toujours au-dessus du miroir, un panneau radiant diffuse une chaleur forte.
Le spectateur ne peut s’approcher à cause du sable.

Cinq autres hologrammes entourent le miroir. Ils ne sont pas éclairés. Tous représentent le Pavillon.
Le spectateur s’approche.
Lorsqu’il parvient dans l’alignement d’un hologramme, avec l’un des moulages, un projecteur s’allume. Il éclaire alors simultanément cet hologramme et, par réflexion sur le miroir, le moulage associé reproduit la conjonction interdite. Nœud pulsionnel du roman, chaque apparition du corps féminin empêche l’agir, l’image du Pavillon occultant l’objet du désir.

Cinq fois, ainsi, le spectateur ne verra les moulages éclairés que lorsqu’il en sera éloigné, que lorsqu’ils seront hors d’atteinte. Son parcours pourra le mener près de l’un d’eux mais l’objet restera dans l’ombre – comme éteint.

Le spectateur-acteur joue, à son insu, le rôle du bonze iconoclaste, le spectateur-assis, celui de l’auteur, recréant les scènes à partir du texte. Rencontre enfin réalisée de Y. Mishima et de Hayashi-Mizoguchi, le moine incendiaire.

Après que chaque spectateur devenu incendiaire à son tour s’éloigne, le « Grand Hologramme » réapparaît.

Le Pavillon – tel le Phénix – renaît.

 

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