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Do Kamo

Installation :
Do Kamo (en langage mélanésien, Do Kamo signifie la parole et l’homme en même temps)
Maison de la Culture  / Amiens / France
Du 18 mai au 13 juillet 1985

Texte du catalogue : « Satellisation – Dessins en utopie » édité par la M.C.Amiens.

Mon nom mon ombre sont des loups
Il aura fallu s’y mettre et par-là ne pas le laisser, lui [qui ?] et la chose dans la crypte nécessaire.

Sans exemple, il faut que je commence, il le faut et bien ; avec lui et sans lui [with-out], il est mort.
Voici
en fait, il en est mort très tôt.
Trop tôt enfermé parce que témoin [vidietz]
Mais comment l’appeler ?
Dans ce cas :
Père – fils – Sœurette  – loup – Schwester,
la sœur, Siestra, Siesterka, Chisterka
[les six, la sizaine], Chiestero [le mât,
le sexe]
Lui ne s’est donné aucun nom, nulle « part »
et pourtant il a signé de son nom d’analyse Wolfman : L’Homme aux loups.
S’y mettre
cela veut dire d’abord
aborder, amorcer, comprendre, entreprendre
se mettre à l’œuvre
mais sur-tout : se mettre dans. Dedans
Dire enfin je m’y mets en toute phonétique.
M’inspirant
Soufflant.
Ne le faisait-il pas lui aussi au vu d’estropiés, de mendiants ?
Ne pas devenir comme
Père – au – sanatorium.
Expirer fort, c’est s’identifier au père,
en négatif
mais le copier au positif :
faire comme lui, enfin
Enfin imiter le bruit de père lors du coït,
dit Freud.
Mais le plus curieux c’est le reste
Ce qui sera resté sans. Encrypté.
« Wo Ich war soll Es werden »
[Que devienne inconscient ce qui fut conscient]

 

 

Printemps 1919. Vienne.
Nachbehandlung : post-traitement.
« Il y a chez vous un petit reste
non complètement analysé »
Qui voulait-il sauver ?

Pour quoi ?
J’avance.
Le reste est advenu, la crypte fermait mal.
On a violé sa « sépulture ».
Ce qu’il faut reconnaître
c’était la loi des communications
labyrinthiques entre les langues.
Ils ont tous été, alors, incapables de sa langue.
Il faut expliquer.
Freud : « Mon patient avait raconté un souvenir ; il poursuivait un beau papillon à rayures jaunes dont les grandes ailes se terminaient en appendices pointus – un machaon – soudain quand le papillon se fut posé sur une fleur, une effroyable peur de l’animal le saisit et il s’enfuit. »
Images renvoyant à d’autres.

Ce ne serait qu’un souvenir – écran :
Une bonne : Groucha / à quatre pattes lavant le plancher, frottant [Teret] dans la première propriété où il y avait de grandes poires à rayures jaunes / poire se dit groucha / à quatre pattes comme la mère lors du coït de V heures, dit Freud  / Tentative de séduction, il urine / ceci se passe vers 2 ans ½, un peu moins / elle répond par une menace de castration / peur.
Et Freud applique, s’applique mais le reste, en fait, en vrai, vient de la langue :
Abraham-Torok : «  /…/ quant au papillon en dehors de l’image visuelle d’un V [du V], le papillon à queue d’aronde va se dire en anglais : the swallow – tailed butterfly » [l’anglais de la gouvernante, Freud, c’était l’anglais de miss Oven !]
Écoutons :
« I swallow the tale it is better to lie. J’avale l’affaire de la queue [tail] mieux vaut mentir !
Le tragique de l’histoire c’est que mon désir doit être rayé en moi. »
Mais lequel ?

Il a vu le reste.
Quid ?
« Mère : Le témoin est le fils, non pas vous [miss Oven] mais il ment
Oven : Mais il ne ment pas, il est un témoin véridique. Devant le témoin c’était [a eu lieu] une série de forfaits du « vieux » [le père]
Mère : C’est paaas vous [le témoin] ! C’est un enfant, il rêvait [le témoin] c’est pas vous.
Oven : La vérité c’est que le témoin m’a fait des confidences un peu comme le fait un enfant et voilà que je comprends le grand péché : un couple, une braguette grande ouverte [le V !] c’était la sœur. La braguette [du père] était ouverte toute grande.
Mère : La Miss est un renard, et Oven un chien policier. [Elle est comme un renard] à cause de ses grosses histoires. [Elle est comme un chien policier] à cause de ses oreilles aux aguets
W : Sous la pression de de l’angoisse qu’à cause du témoin oculaire [moi] « Braguette » [père] ne soit mis en prison et déshonoré…survient le réveil. »
Alors survient le réveil de la « pensée du rêve » aux loups.
Impossible maintenant d’énoncer les mots magiques valant à la fois pour dénoncer et pour jouir.
Ne pas avoir été à la place de sœur
Père, donne ma part
par-donne !
il faudra conserver.
Avoir toujours les mots à portée / dans la crypte /
pour les prendre en toute innocence dans un sens différent se forgeant  par homonymie son propre code pour construire d’autres scènes
À plaisir.
«  Ainsi Teret en russe, frotter, faire briller, induit la nouvelle scène traduite de l’ancienne : la frotteuse de pénis devient la cireuse de parquet. Image – fétiche tirée d’un mot fétiche au sens oublié. Faire briller
briller – reluire ! »

Il dit
d’une langue qui ne montre rien
Il ne donne rien à voir mais seulement à entendre.
« /Écho/…seul le son était encore en elle »
C’étaient les mots « premiers » qu’il fallait entendre, « divisibles » seulement par eux-mêmes et par l’unité.
Laquelle ?

J’ai renoncé plus d’une fois à mettre en œuvre.
Tant de mots. Tant d’illisibilité exhibée.
Il manœuvrait, à travers des procédures anguleuses et zigzagantes, figures logiques, syntaxiques, rhétoriques, inductions lexicales à travers le russe de sa langue maternelle, l’anglais de la gouvernante et l’allemand de son analyse.
Comment faire, comment dire.
Si simple si j’avais voulu décrire.
Il fallait y penser.
Difficile à faire entendre, mais surtout y livrer ma fascination.
Réduire cette espace – sa mémoire – en gardant tous les reliefs.
L’assiéger.
C’est toute la dissymétrie.
Le 22 Août 1938, Freud, vieux, griffonne dans son cahier : « Il se peut que la spatialité soit la projection de l’étendue de l’appareil psychique. »
Je n’en aurai jamais fini de traduire ; langue intraduisible dans sa performance économique, dans le mot à mot, le mot pour le mot.
Comment restituer la même plus-value ?
Voilà qui m’intéresse.
Proposer une démarche, une marche dans.
Donner à voir du dit, faire entrer dedans
se mettre à sa place.
Montrer que les images des mots sont du surplus, du donner à voir, seuls les mots comptent dans leur potentialité de contiguïté, de glissements.
Cryptonymes. Mots-plaisirs refoulés.
La vie comme un poème polyphonique.
Teret
Mot magique, mot tabou
imprononçable, logé seul dans la crypte mais organisant tout depuis son exclusion.
Teretsia : sa femme.
Alors si nous sommes faits comme ça
moi aussi qui parle ; si la langue nous agit, si cette « ombre » que l’on traîne est de mots, peut-être sentirai-je, de ma langue, le tranchant d’un mot brisé.
Aurai-je parlé ?
L’exhiberai-je sans reste ?
J’aimerais en dessiner la gomme.
Qui signera ? Et de quel nom ?
De quelle identité avait-il pris le Nom ?
Il me reste à séduire le mort.
Et quand on me demandera d’analyser, je dirai que ça n’était pas fait pour être décomposé.
Ce qui comptera ce ne seront pas les parties mais le lien entre les parties.
Ce qui fera le liant, le reste
En Somme.
Sous le titre « Do Kamo » je rassemblerai des [… ?…] [chercher le mot] ayant « trait » au même homme Serguéi Constantinovitch Pankejeff
celui-là dont j’ai parlé.

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