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Centre Georges Pompidou

Exposition
Centre Georges Pompidou (France)
Du 22 au 29 mars 1984

Conférence dans le cadre de « la revue parlée », Centre Georges Pompidou, 22 mars 1984.
Présentation des pistes explorées dans le livre-objet « Phosphènes » en relation avec le Manifeste Provisoire du Groupe Eutopie.

« Exposition », 22 au 29 mars, Centre Georges Pompidou, Paris (75)

 

[Manifeste]

 

 

« manifeste provisoire » du groupe Eutopie :

  • Le groupe « Eutopie » est un rassemblement d’auteurs en marche. Aussi nous abandonnons la notion traditionnelle de manifeste au profit du concept de « manifeste provisoire » ;
  • L’écriture est conçue comme un travail de recherche et de création sur la langue d’où :
  • liberté maximale vis-à-vis de tout langage préexistant ;
  • asservissement total à la logique propre de la recherche en cours.
  • Volonté d’élargir les possibilités de la langue en abolissant la linéarité discursive ;
  • Affirmation de l’éclatement des frontières entre les arts plastiques et la littérature.
  • Introduction dans le poème de signifiants extralinguistiques, le poème est une totalisation sémiotique en fonctionnement ;
  • Refus du signe vain et du poème-sujet-du-poème.

 

Commentaires :

 

Position vis-à-vis du spatialisme et de la poésie concrète

 

Les poètes concrets et spatialistes ont découvert un processus qui transforme un signe linguistique en un signe sémiotique par une interaction cohérente (au sens où une source lumineuse est cohérente) entre un espace plastique et un espace linguistique. Ce processus peut se schématiser comme suit :

 transposition

SIGNIFIANT (ling.)                          SIGNIFIANT (extraling.)
_______________                          ____________________

  projection

SIGNIFIÉ                                       SIGNIFIÉ

De ce fait, on peut considérer que les spatialistes ont aboli la frontière entre les arts plastiques et la poésie et démontré l’existence d’un CONTINUUM PICTO-LINGUISTIQUE.

En refusant au poème   la possibilité de véhiculer une information autre qu’esthétique, ces auteurs ont créé des signes vains parce que non utilisés. CRÉER DES SIGNES NE SUFFIT PAS POUR CRÉER UN LANGAGE ou faire acte de langue. Le langage ne commence qu’avec les notions de texte et de structure, c’est-à-dire la possibilité de lier les signes entre eux et de les modifier.

 

Nous ne voulons pas créer des signes vains, NOUS CRÉONS DES TEXTES aux structures rigoureuses.

 

Quelques conséquences de notre démarche

  • Présence d’un CINÉTISME marqué et souhait d’explorer les possibilités de la vidéo et de l’ordinateur.
  • MÉTAMORPHOSE DE L’ESPACE PHYSIQUE : le texte et le lecteur peuvent se situer dans le même espace, ce qui transforme le lieu géographique du « texte en cours de lecture » en « signe de « l’espace vécu » du lecteur. Le lieu de la lecture devient le symbole de tout espace atteint par le lecteur et se trouve investi d’un niveau sémantique.

 

  • PROBLÉMATIQUE DE LA LECTURE :
  • La lecture du texte est différente de l’analyse de sa structure et du décodage de l’information qu’il contient. L’écriture est un acte complexe de communication, un texte n’est lu que lorsqu’il est intériorisé à l’expérience personnelle du lecteur ;
  • Cette lecture n’est pas compatible avec nos habitudes de consommation. C’est pourquoi NOUS EXIGEONS DU LECTEUR UNE VOLONTÉ DE LIRE qui se traduit par l’existence de plusieurs niveaux d’appréhension du poème ; celui-ci n’est pas un objet mais l’état dans lequel le lecteur, par son regard, place ou non cet objet. Cette position explique aussi qu’il soit parfois demandé une participation physique du lecteur.

 

 

 

 

 

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